«Parlez nous de votre métier»

«Parlez nous de votre métier» : comment embarquer des intervenants experts dans une vraie démarche pédagogique

Portrait : Je m’appelle Clara Amiel, je suis consultante en formation et pédagogie à l’Université du Domicile


Je m’appelle Clara, je suis consultante formation et pédagogie pour l’Université du Domicile, où j’accompagne les organismes de formation à déployer l’offre de la branche professionnelle du particulier employeur et de l’emploi direct. Avant ça, j’ai été coordinatrice pédagogique dans l’enseignement supérieur privé. Cette expérience nourrit ma pratique. Sans avoir l’autorité hiérarchique pour imposer quoi que ce soit, comment embarquer des intervenants, experts dans leur domaine mais pas toujours formés à enseigner, dans une stratégie pédagogique ?


La réunion de rentrée ne suffit pas

La première réponse de la plupart des établissements, c’est la réunion de rentrée. On convoque les vacataires, on leur présente les procédures, les syllabus à rendre, les délais. « Ils sont là, ils ont bien écouté. Mais c’est un discours très descendant, centré sur l’organisation : quand est-ce qu’on doit recevoir votre syllabus, qu’est-ce qu’il nous faut pour rentrer dans le cadre des exigences RNCP… »

Le résultat : les intervenants sont dans les clous administrativement. Mais la pédagogie, elle, n’a pas été abordée. Et de l’autre côté, ces mêmes vacataires jonglent entre plusieurs écoles, chacune avec son LMS, ses adresses mail, ses attendus. « La vie des intervenants n’est pas simple et si on leur demande de s’adapter à toutes nos exigences, ça crée de la friction. »

Clara a donc cherché une autre entrée.


Partir de l’expérience, pas du contenu

Son point de départ : les intervenants vacataires sont des praticiens. Ce qu’ils ont à transmettre, ce n’est pas un cours, c’est une expérience professionnelle réelle, avec ses erreurs, ses arbitrages, ses zones d’incertitude. C’est précisément ce que les étudiants ne trouvent pas dans un manuel.

Oui, mais comment faire pour éviter le syndrome du PowerPoint de 200 pages ?

« Je prends le temps de lire le syllabus, je sais que j’ai une formation en ingénierie pédagogique que eux n’ont pas. Ils ont toute la connaissance métier, moi j’ai des clés en animation.

Par exemple, après la lecture du syllabus, je rappelle l’intervenant en lui suggérant une activité, un jeu de rôle, et c’est par le dialogue que l’on conçoit ensemble ce que l’on peut mettre en place. »

L’enjeu n’est pas de transformer l’expert en pédagogue. C’est de lui montrer que ce qu’il a vécu professionnellement est le cours. « Je leur disais toujours : parlez de vous, parlez de ce que vous avez fait, de ce que vous avez aimé, de ce qui vous a fait peur. C’est l’émotion qui crée l’engagement. »

Autre exemple concret :

« Plutôt qu’un cours magistral sur la lecture d’un contrat ou les limites d’une convention collective, l’intervenant raconte le matin où il a dû décider s’il avait le droit de donner un médicament en l’absence de l’infirmier. On part de l’expérience pour aller chercher la traduction théorique. La théorie devient un endroit sur lequel l’étudiant pourra se reposer pour ensuite le traduire en pratique. »


L’expérience intervenante : le levier sous-estimé

Ce qui se passe côté étudiant découle directement de ce qui se passe côté intervenant. Clara en a même fait le cœur de sa pratique : « Si beaucoup d’écoles mettent toute leur énergie sur l’expérience apprenante, on se rend de plus en plus compte que prendre soin de l’expérience des intervenants permet d’avoir de super cours. Tout simplement parce que les intervenants prennent du plaisir à former quand les étudiants sont actifs, ils prennent de l’assurance, innovent et constatent que ça marche ! »

« Un vacataire qui se sent écouté, considéré comme une personne et pas comme un prestataire à qui on demande de remplir un syllabus, s’investit différemment. Il vient poser des questions, il signale ce qui ne fonctionne pas, il revient avec des cas réels. La relation, c’est : on va travailler ensemble pour que, dans la salle de classe, il se passe quelque chose. »

Ce travail de co-construction n’est pas rémunéré contractuellement. Les vacataires sont payés pour animer leurs cours, pas pour les préparer avec la coordinatrice pédagogique. Clara le reconnaît franchement. Mais elle a trouvé le levier : « Quand tu passes un cours à parler tout seul pendant 4 heures, c’est horrible. Avoir quelques clés pour relancer, pour lancer un débat, ça les intéresse. »


Accompagner réellement

L’accompagnement de Clara ne s’arrête pas aux conseils. Elle prépare des supports, donne des exemples. Des salles Glowbl clés en main avec déroulés, activités, configurations pour que l’intervenant arrive et anime sans avoir à paramétrer quoi que ce soit. « J’en ai fabriqué des dizaines et des dizaines. Ça me prend un peu de temps. Mais si derrière il y a une bonne expérience pour les deux parties, c’est du temps largement gagné. Et c’est quelque chose sur lequel on peut capitaliser grâce aux templates de Glowbl : en copiant, en modifiant. »

Ce travail en amont réduit aussi une résistance courante : « Oui, c’est très drôle, mais je n’ai pas le temps de tester ça. » Sa réponse : « Je ne suis pas seulement là pour les aspects administratifs, je viens aussi apporter quelque chose. Si ce n’est pas pris tout de suite, on en reparle après le cours, en s’appuyant sur les retours des étudiants. »

La limite de cette approche, Clara la pose clairement :

« Si un intervenant ne veut pas évoluer malgré les retours, on ne renouvelle pas. Ça dépend des valeurs qu’on veut partager. Et ces valeurs, on les pose dès le recrutement. »

La migration vers un nouvelle outil

La migration de Teams vers Glowbl aurait pu être un point de
friction : 54 intervenants, des vacataires experts métier pas
nécessairement à l’aise avec un nouvel outil. Pourtant, Florian Casalta
(Directeur Ynov Connect) a décrit l’inverse dans son témoignage, : « Quand
on a présenté Glowbl aux intervenants, il y a eu un effet waouh, ils
découvraient une nouvelle manière de faire de la pédagogie en ligne. Ça a même
été un levier d’acquisition d’intervenants. »


L’animation de la communauté des intervenants

Créer une communauté de pratique entre vacataires. Le canal reste le problème numéro un : « Ils ont 50 Moodle avec 50 adresses mail. On envoie des mails, ils ne les lisent pas. »

Ce qui a le mieux fonctionné : un espace Glowbl ouvert en permanence, dans lequel elle dépose des ressources thématiques : infographies, résultats de veille, conseils de techniques d’animation.

Ce qui a aussi fonctionné : des petits groupes synchrones, conçus non comme des réunions obligatoires mais comme des portes ouvertes. « Quand on les convoque en disant « mardi 23 juin à 17h, vous êtes là », ça les saoule. Par contre, ouvrir une porte en disant : moi je suis là, on parlera de tel sujet, et on pourra parler de vos préoccupations. Ça marche mieux. »

Ce qui manque encore : que les intervenants eux-mêmes deviennent acteurs de ces espaces, qu’ils partagent leurs propres pratiques sans que ce soit toujours descendant. « Ça s’ancre dans le temps. On n’en est pas encore là, mais c’est la direction que l’on prend »


En conclusion

« Si on a de bons intervenants qui ont compris le projet, qui ont un discours cohérent avec l’équipe éducative, il y a une cohésion qui se forme. Et pour l’étudiant, c’est une bien meilleure expérience. »

Et son conseil à un établissement qui veut s’emparer du sujet pour transformer les postures et en finir avec le trop-plein de cours descendants :

« Les écouter. Valider la complexité de leur situation et apporter son expertise pédagogique en échange de leur expertise professionnelle. C’est dans ce lien-là que la collaboration est la plus efficiente. »


Clara Amiel est consultante formation et pédagogie pour l’Université du Domicile. Elle accompagne les organismes de formation de la branche professionnelle du particulier employeur à déployer leurs parcours de formation. Elle a exercé précédemment comme coordinatrice pédagogique dans l’enseignement supérieur privé.

✨ Envie de tester Glowbl ?

Découvrez une nouvelle façon de collaborer et de former en ligne, simplement et efficacement.

🚀 Je découvre Glowbl
Sophie Lazard
CEO chez Glowbl
Sophie Lazard

FAQ

Glowbl est une plateforme collaborative en ligne conçue pour faciliter les interactions humaines dans des espaces virtuels. Elle permet de recréer l’expérience d’une salle physique avec des tables, des groupes de travail et des échanges en direct, idéale pour la formation, les événements et le travail collaboratif.
Glowbl intègre l’IA pour améliorer l’expérience d’apprentissage et de collaboration. Grâce à l’IA, il est possible d’analyser la participation, d’optimiser les parcours pédagogiques, de générer des supports automatiques (comptes-rendus, résumés, quiz), et d’adapter les interactions en fonction des besoins des participants.
Glowbl s’aligne sur les bonnes pratiques d’accessibilité (structure claire, contrastes, alternatives textuelles) et évolue en continu. La conformité perçue dépend aussi des contenus que vous partagez (documents, visuels, sous-titres).
Contrairement à une visioconférence classique centrée uniquement sur la vidéo, Glowbl propose un espace virtuel interactif avec : des tables de travail, des déplacements libres, une interaction naturelle entre participants, une expérience qui recrée la convivialité d’un campus ou d’une salle de formation.
Une interface claire, des déplacements libres entre tables, des échanges spontanés, et des documents centralisés pour suivre le fil sans friction.
Oui. Ateliers, onboarding, séminaires, communautés métiers, sessions client… Le format immersif améliore l’engagement et les résultats.
Oui. La plateforme est pensée pour des usages pédagogiques : classes virtuelles, projets tutorés, jurys à distance, ou encore journées d’intégration multi-sites.
Selon la configuration choisie, oui : enregistrement de plénières, ressources partagées et mise à disposition sécurisée des supports.
Alterne plénière et sous-groupes, pose des consignes claires, timeboxe les séquences et conclue par un récap partagé.
Crée des tables thématiques, assigne des rôles (facilitateur, rapporteur), donne des livrables courts et un temps précis.
Privilégie textes/diapos légers, moins de flux vidéo, et partage des documents en amont.
Synchronise les moments clés, répartis les rôles, prévois un canal de questions commun et des temps de restitution croisés.
Utilise SSO/LTI ou liens profonds pour accéder aux activités et remonter les preuves (présences, livrables).
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Plus d'articles

Post navigation

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires