Hier, un prospect me parle de ses classes virtuelles et de leur manque d’interactivité. Ils sont une trentaine à se connecter à chaque session sur Teams et il me le dit franchement : à ce nombre-là, animer des sous-groupes en plus du reste devient ingérable, surtout quand c’est un formateur occasionnel. Alors le formateur déroule ses slide, seul face à la galerie de vignettes et il regarde les caméras s’éteindre les unes après les autres. Ce formateur lorsqu’il est en présentiel n’a pas de difficultés à animer et à avoir un peu de participation de l’audience mais à distance c’est un enfer. Pour lui comme pour les participants d’ailleurs. La conséquence, c’est que les formateurs occasionnels s’épuisent et finissent par renoncer aux animations car en effet, à trente dans une seule salle Teams, l’interactivité relève du vœu pieux. Mais ce sont les classes virtuelles telles que Teams les permet, c’est-à-dire un webinaire qui refuse de dire son nom.
Cette confusion, je la rencontre chaque semaine. On range sous le même mot deux formats qui n’ont ni le même objectif ni le même mode d’emploi et l’on s’étonne ensuite que l’un déçoive quand on attendait l’autre. Prenons le temps de les séparer, de regarder ce qu’en dit la recherche, et de répondre à la question que mon prospect posait sans le savoir : comment garder de l’interaction quand on dépasse la quinzaine.
Deux formats, deux métiers
Le webinaire est un format de diffusion. Un intervenant, parfois deux, s’adressent à une audience qui écoute. La parole descend de l’estrade vers la salle et lorsqu’on parle interaction, elle passe par le chat, par un sondage vite refermé ou par un nuage de mots dont on ne sait vraiment quoi faire. On y recourt pour informer, présenter une nouveauté, faire connaître une offre, réunir beaucoup de monde sur un même créneau. Sa réussite se lit dans le nombre d’inscrits et le taux de présence.
La classe virtuelle appartient à une autre famille. C’est un temps de formation synchrone bâti pour que les participants produisent quelque chose. Sur une formation hygiène et sécurité, par exemple, ils analysent en petit groupe une situation de travail à risque, repèrent les équipements de protection manquants sur une photo de poste annotée, puis confrontent leurs constats avec ceux des autres groupes. On peut faire circuler la parole, l’animateur passe d’un groupe à l’autre et ce que les apprenants savent faire à la sortie compte davantage que leur simple présence.
Pour visualiser d’un coup d’œil, voici les deux formats côte à côte.
| Webinaire | Classe virtuelle | |
|---|---|---|
| Objectif | Informer, présenter, générer des contacts | Former, entraîner, faire monter en compétence |
| Relation | Descendante, un vers plusieurs | Multidirectionnelle, chacun contribue |
| Rôle du participant | Spectateur | Acteur |
| Interaction | Marginale et optionnelle (chat, sondage) | Structurelle (sous-groupes, restitutions, production) |
| Nombre de participants | Illimité, l’audience n’interagit pas | Cadré par la taille des groupes qui interagissent |
| Ce qu’on mesure | Inscrits, taux de présence | Ce que les apprenants savent faire à la sortie |
| Alternative possible | Une vidéo si rien n’exige le direct | Le présentiel si l’interaction prime |
Pourquoi un webinaire plutôt qu’une simple vidéo ?
La question mérite d’être posée franchement. Si un webinaire se résume à dérouler des diapositives devant une audience passive, autant enregistrer une vidéo : on la regarde à son rythme, on accélère les passages déjà connus, on revient sur un élément clé. L’intérêt du direct ce sont les réponses à chaud sur les questions posées. Mais très honnêtement lorsque ce n’est pas une table ronde, la dynamique des questions est très difficile à mettre en place.
Donc, quand le contenu n’a aucune raison d’être vécu en même temps par tout le monde, la vidéo suffit et fait gagner du temps à chacun. Quand vous tenez au direct, servez-vous-en pour de bon, avec des questions ouvertes, des réactions à vif, un vote qui oriente la suite de la séance. Autrement, vous supportez la contrainte du live sans en avoir les bénéfices. Et financièrement, il est évident qu’une vidéo est réutilisable à l’infini là où un évènement en direct mobilise le ou les animateurs.
Pourquoi choisir la classe virtuelle
Il arrive un moment où informer ne suffit plus : on attend des participants qu’ils s’approprient un geste ou intègrent ou corrigent une pratique avant de le faire en situation réelle. Capter l’attention devient alors le minimum et il faut aller chercher plus loin.
La recherche sur l’engagement éclaire ce « plus loin ». Les travaux de Fredricks, Blumenfeld et Paris (2004), repris dans la littérature francophone sur les cours hybrides (Heilporn, Lakhal et Bélisle, 2021), décrivent l’engagement selon trois dimensions imbriquées : la dimension comportementale (je participe, je suis le fil), la dimension émotionnelle (je me sens appartenir au groupe) et la dimension cognitive (je fournis un effort mental réel). Un webinaire obtient au mieux la première : on reste connecté, on suit. L’appartenance et l’effort cognitif, ceux qui font qu’un apprentissage tient dans la durée, se construisent en agissant et en échangeant.
Les formateurs le vérifient dès qu’ils passent d’un cours descendant à une pédagogie active. Un intervenant de l’IJA (Institut Juridique) le résume après avoir adopté le travail en sous-groupes : « beaucoup plus d’interactivités. Alors que devant tout le groupe les apprenants se sentent contraints lors des prises de parole, en sous-groupe une dynamique s’intalle naturellement. La prise de parole devient vite un moteur de la séance » (Témoignages intervenants, IJA).
Ce que dit la recherche sur le nombre
Reste le point qui sépare vraiment les deux formats : le nombre de participants.
Un webinaire monte à cinquante, cinq cents ou cinq mille sans que rien ne change dans son fonctionnement, puisque l’audience n’interagit pas. La classe virtuelle rencontre au contraire un plafond très concret. En analysant les interactions verbales en environnement synchrone, Peraya et Dumont (2003) ont mesuré ce plafond : la part des échanges consacrés à la seule coordination tourne autour de 10 % avec cinq participants et dépasse 25 % dès qu’on atteint huit ou neuf. Plus le groupe s’élargit, plus l’animateur passe de temps à régler la circulation de la parole et moins il lui en reste pour le fond. Les auteurs avancent qu’une demi-douzaine de participants pourrait bien marquer la limite au-delà de laquelle un groupe cesse d’interagir pour de vrai.
Tout formateur reconnaîtra la scène. À quatre ou cinq autour d’une table, chacun prend la parole. À quinze dans une seule salle, deux personnes occupent l’espace pendant que les autres consultent leurs mails. Mercier (2021) a montré par ailleurs, sur une centaine d’étudiants de Master que les caméras éteintes appauvrissent encore les échanges, ce qui achève le portrait du grand groupe distant.
Une précision s’impose, car le distanciel vaut mieux que sa réputation. Les études qui comparent finement présentiel et classe virtuelle, par exemple sur l’expérience optimale d’apprenants en langues, donnent un résultat nuancé : certaines tâches collaboratives orales passent mieux en présentiel, tandis que d’autres, écrites ou interactives, sont vécues aussi bien voire mieux en ligne. La modalité pèse donc moins lourd que la façon de concevoir l’activité et de dimensionner les groupes qui la portent.
Le vrai casse-tête : rester interactif au-delà de quinze
Voilà où mon prospect se trouvait coincé. Trente ou quarante personnes à former, l’envie de les faire travailler pour de bon, mais une vraie frustration.
Première option, garder tout le monde dans un seul grand groupe. C’est simple à tenir, mais passé la demi-douzaine, les échanges se font difficilement et la classe virtuelle glisse doucement vers le webinaire.
Deuxième option, ouvrir des salles de sous-groupes. Les discussions repartent, sauf que chaque salle devient une île perdue dans les couloir du web. On perd le collectif, ce pouls de la cohorte qui donne envie d’être là et la moindre mise en commun oblige à tout refermer puis tout rouvrir.
Ce dilemme tient à l’outil davantage qu’à la pédagogie et il existe un solution.
Comment Glowbl sort du dilemme
C’est précisément cette contrainte que nous avons cherché à lever en concevant Glowbl par conviction pédagogique avant toute chose.
Sur Glowbl, tout se déroule dans un seul espace visuel où l’on installe jusqu’à neuf tables, comme des îlots dans une vraie salle. Chacun voit qui travaille où, à quelle table, avec qui. On répartit les participants par groupes de trois à cinq, cette taille que la recherche désigne comme la bonne pour que personne ne se cache. Et parce que neuf tables de trois à cinq tiennent dans le même espace, on anime sereinement une promotion de quarante personnes ou davantage tout en gardant l’interaction vivante.

L’essentiel tient au passage d’un mode à l’autre. En tables indépendantes, chaque groupe travaille sans gêner ses voisins. Reprenons la formation hygiène et sécurité : un îlot reconstitue la chronologie d’un presqu’accident, un autre classe des gestes du plus risqué au moins risqué, un troisième complète une fiche de poste sur un document annoté. D’un clic, vous basculez en tables synchronisées, la parole d’une personne s’entend dans tout l’espace et vous pouvez enchaîner le cas pratique et la restitution. Vous alternez ainsi ateliers en petits groupes et temps collectifs sans jamais fermer une salle ni refaire un réglage. L’animateur, lui, peut se déplacer vers n’importe quelle table pour observer un groupe, apporter une précision, repartir, tout cela sans casser la dynamique du groupe. La restitution est un moment clé : c’est celui qui permet justement de faire le travail de transmission, d’approfondissement, de correction ou d’évaluation. Sur Glowbl, l’animateur peut partager facilement les travaux effectués par chaque groupe, donner la parole à des rapporteurs et ainsi conserver les trâces de la séance.
Chez Adecco Les 2 Rives, 90 % des formateurs jugent que la plateforme facilite le travail en sous-groupes. Chez INTERMIFE AuRA, sur des séances de codéveloppement à distance menées avec des publics fragiles, la présence atteint 100 %, et des créneaux prévus pour une heure trente s’étirent d’eux-mêmes jusqu’à deux heures trente, simplement parce que les participants ne veulent pas partir. On se situe loin du webinaire qu’on quitte sur la pointe des pieds vers la vingtième minute.
Pour lire ou voir les témoignages :
Pour finir
Choisir entre webinaire et classe virtuelle revient d’abord à décider ce qu’on attend des participants : les informer, ou les faire travailler. Le reste en découle. Si vous formez pour transformer une pratique, visez la classe virtuelle et donnez-vous les moyens de garder des groupes à taille humaine même quand la salle se remplit.
Mon prospect d’hier, lui, va tester. Pour juger sur pièces, le plus simple reste encore de le vivre : neuf tables dans un même espace, une promotion de quarante personnes qui reste active du début à la fin.
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Un webinaire est un format de diffusion descendant : quelques intervenants parlent, une audience écoute, l’interaction reste marginale. Une classe virtuelle est un format de formation synchrone conçu pour faire produire les participants, avec du travail en sous-groupes et des restitutions. Au webinaire on assiste, en classe virtuelle on agit.
La seule vraie justification est le direct : l’effet rendez-vous qui fait venir les gens, les questions en temps réel et la dimension événementielle. Quand le contenu n’a aucune raison d’être vécu en direct, une vidéo est plus efficace car elle se regarde à la demande.
Pour un même groupe qui interagit réellement, la recherche (Peraya et Dumont, 2003) situe la limite critique autour d’une demi-douzaine de participants : au-delà, le temps de coordination explose. La solution pour de plus grands effectifs consiste à travailler en sous-groupes de 3 à 5 personnes.
En sortant du choix entre un seul grand groupe passif et des salles de sous-groupes isolées. Sur Glowbl, jusqu’à 9 tables cohabitent dans un même espace : on répartit les participants en sous-groupes de 3 à 5 (tables indépendantes) puis on synchronise tout l’espace d’un clic (tables synchronisées) pour les moments collectifs. On peut ainsi être 40 et plus en gardant une réelle interactivité.