Dans les organisations modernes, près de 90 % du savoir est déjà là, en interne.
Un savoir souvent tacite, incarné, profondément lié à l’expérience terrain.
Pour une entreprise comme Capgemini, ce capital humain est vital. Comme le rappelle clairement l’un de ses principes fondateurs :
« S’il n’y a plus de collaborateurs, il n’y a plus de Capgemini. »
Mais une question demeure, centrale et souvent mal traitée :
comment transformer un expert métier en formateur d’impact, sans l’épuiser ni appauvrir la transmission ?
Et surtout, comment y parvenir à distance, dans des contextes où l’attention est fragile et le temps contraint ?
Le Replay:
Retour sur les enseignements clés de la masterclass entre Nelly Haye (Capgemini), Mathilde Istin (ISTF) et Sophie (Glowbl).
Les intervenantes
- Nelly Haye (Capgemini) : Responsable au sein de l’entité « Design and Build » du département Learning and Development de Capgemini France. Ancienne consultante, elle s’appuie sur son expérience de terrain pour concevoir des parcours de formation qui transforment l’expertise technique en compétences opérationnelles.
- Mathilde Istin (ISTF) : Directrice de l’ISTF (Institut Supérieur du Tertiaire Français), l’un des organismes précurseurs dans le conseil et la formation des équipes L&D en France. Elle accompagne les organisations dans l’internalisation de leurs formations et la montée en compétences pédagogiques de leurs experts.
1. Le paradoxe de l’expert : Pourquoi la transmission échoue-t-elle souvent ?
Le premier défi est ce que Mathilde appelle le « syndrome de l’expert ». Parce qu’ils sont reconnus pour leur maîtrise technique, les experts pensent souvent que leur mission est de « dire ce qu’ils savent ». Résultat ? Des supports PowerPoint denses, des caméras éteintes en distanciel et une charge cognitive épuisante pour tout le monde.
Les principaux « points de douleur » identifiés :
- Le manque de temps : C’est la problématique numéro 1 dans l’opérationnel. Les experts doivent préparer leurs interventions tout en gérant leurs missions quotidiennes.
- La posture : Passer de « celui qui sait » à « celui qui facilite » l’apprentissage est un saut conceptuel majeur.
- La fatigue du distanciel : Sans outil adapté, l’expert s’épuise à chercher l’engagement des participants.

2. La méthode pour réussir : Cadrer pour libérer
Pour que la formation soit efficace, il faut dissocier l’expertise du contenu de l’ingénierie pédagogique.
L’approche structurée de Capgemini
Avec 35 000 collaborateurs en France et un réseau de plus de 500 formateurs internes, Capgemini a fait de la transmission par les pairs un pilier stratégique. Pour gérer cette échelle (12 000 sessions par an), l’organisation est rigoureusement segmentée.
Une distinction claire des rôles
Chez Capgemini, l’équipe Learning & Development (L&D) et les experts métiers travaillent main dans la main, mais sur des périmètres distincts :
- L’équipe L&D : Se charge du cadrage, de l’ingénierie pédagogique, de la production des ressources et de l’analyse des données.
- L’expert métier : Apporte sa valeur ajoutée unique par son expertise terrain, son retour d’expérience et sa capacité à répondre aux questions concrètes des apprenants.
- Une formation adaptée : avec « Train the Trainer » , les experts bénéficient d’un parcours en trois modules (facilitation, formation, conception) pour comprendre les mécanismes de l’apprentissage.

Un process d’amélioration continue

Capgemini a mis en place un cycle vertueux : Brief / Animation / Debrief systématique. Chaque session est l’occasion d’ajuster le contenu grâce aux feedbacks collectés, assurant ainsi une « signature pédagogique » commune et une montée en compétences progressive des experts
L’alternative pour les entreprises moins structurées : La méthode E2T de l’ISTF
Toutes les organisations n’ont pas la chance de s’appuyer sur une équipe L&D de 70 personnes pour accompagner chaque expert. Pour ces structures plus légères, l’enjeu est de donner aux experts métiers une autonomie immédiate sans sacrifier la qualité pédagogique.
La méthode E2T, développée par l’ISTF, signifie « Expert to Trainer ». Elle a été conçue spécifiquement pour accompagner les experts métiers qui deviennent formateurs occasionnels, en répondant à leur principale contrainte : le manque de temps.
Voici les piliers fondamentaux de cette méthode selon les sources :
- L’optimisation du ratio temps/efficacité : L’objectif central est de permettre à l’expert de créer un projet de formation avec le meilleur rapport entre le temps passé à la production et l’efficacité pédagogique réelle de la session.
- Une « moulinette » d’ingénierie pédagogique : La méthode fonctionne comme un process préprogrammé qui guide l’expert dans la structuration de son contenu. Elle fournit une boîte à outils et des modèles de rythmes de formation types qui ont déjà fait leurs preuves.
- La philosophie de « Commencer par la fin » : C’est le point de départ crucial pour opérer un changement de posture chez l’expert. Au lieu de se demander « qu’est-ce que je vais dire ? » (piège classique du support PowerPoint), l’expert doit se projeter sur l’évaluation finale. Il doit définir précisément quelle compétence ou quel changement l’apprenant doit avoir acquis à l’issue de la formation.
- La réduction de la charge mentale : En « mâchant » le travail d’ingénierie, la méthode libère l’expert de la conception pure. Cela lui permet de se concentrer sur ce qui apporte le plus de valeur : la préparation de son animation, la facilitation du groupe et la transmission de son expérience terrain.
En résumé, la méthode E2T transforme l’expert en facilitateur en déplaçant le curseur de la simple présentation de savoirs vers un objectif concret de montée en compétences de l’apprenant
3. Glowbl : L’outil métier qui transforme l’animation synchrone
L’un des leviers majeurs pour sécuriser le formateur occasionnel est l’environnement technique. Pourquoi privilégier un outil métier comme Glowbl plutôt qu’une solution de visio classique comme Teams?
Un environnement visuel rassurant et familier
Glowbl propose une interface visuelle basée sur des tables de sous-groupes. Ce format « salle de classe » est beaucoup plus intuitif pour un expert qu’une grille de caméras. Il permet :
- Le format « salle et tables » : Cette interface recrée l’ambiance d’une salle de classe réelle, ce qui rassure l’expert qui peut se sentir mal à l’aise face à une grille de caméras éteintes.
- Le focus sur le contenu et le groupe : En organisant les apprenants autour de tables virtuelles, l’attention est naturellement déportée de la personne de l’expert vers les activités et les échanges entre pairs, diminuant ainsi le stress de l’animateur
La facilitation native de l’interaction
Glowbl aide l’expert à sortir du « syndrome de l’expert » (discours descendant et théorique) pour adopter une posture de facilitateur,.
- Travail en sous-groupes simplifié : La solution facilite grandement le passage en ateliers sur les tables, ce qui force l’interactivité sans manipulation technique complexe pour l’expert,.
- Mise en activité immédiate : Grâce à des templates d’activités clés en main (méthode Thiagi, jeux pédagogiques, etc.), l’expert dispose d’outils prêts à l’emploi pour engager son auditoire sans avoir à les concevoir lui-même
Le « déroulé » : le copilote du formateur
L’un des bénéfices majeurs de Glowbl est de « mâcher » le travail de l’expert en automatisant les aspects techniques et logistiques de la session grâce au déroulé.
- Le déroulé pédagogique pré-paramétré : La journée de formation est construite étape par étape dans l’outil. L’expert n’a plus à se demander quelle est la prochaine étape, jongler avec d’autres outils ou avec des fenêtres; il suit un script visuel où chaque séquence est déjà configurée.
- Référentiel commun : Peu importe l’expert qui anime, le contenu et la structure restent identiques, garantissant une « signature pédagogique » commune à travers les différentes cohortes
« Les facilitateurs nous disent : ‘c’est tellement facile, ça nous a mâché le travail car tout est là’. » — Nelly Haye, Capgemini
En somme, Glowbl permet à l’expert métier de se détacher de la technique pour se concentrer sur l’humain et la transmission de savoir, rendant l’animation « tellement facile » selon les retours d’expérience des facilitateurs de Capgemini.
Conclusion : les 3 pilliers du succès
En conclusion, transformer vos experts métiers en formateurs d’impact repose sur un équilibre subtil entre méthodologie, organisation et technologie.
- Un changement de posture indispensable : Pour dépasser le « syndrome de l’expert », la méthode E2T de l’ISTF rappelle qu’il faut « commencer par la fin » : l’objectif n’est pas de déverser un savoir, mais de garantir une acquisition de compétences mesurable.
- Une organisation structurée et apprenante : À l’image de Capgemini, le succès réside dans une distinction claire des rôles : l’équipe L&D sécurise le cadre pédagogique et les ressources, tandis que l’expert apporte sa valeur ajoutée unique par son retour d’expérience terrain. Ce modèle s’appuie sur un cycle de brief/animation/debrief systématique pour une amélioration continue.
- Un cadre technologique facilitateur : Glowbl offre un véritable soutien logistique et pédagogique. Que ce soit par le travail en sous-groupes facilité ou l’utilisation de templates d’activités (jeux de Thiagi, etc.), la solution garantit que l’apprenant reste au cœur de l’expérience, même à distance. En pré-paramétrant les déroulés, les interactions et le temps, elle libère l’expert de sa charge mentale, lui permettant de se concentrer exclusivement sur l’animation et l’humain.
- L’interactivité comme moteur :
Envie d’aller plus loin ? La transmission par les pairs est un levier de performance puissant qui mérite une stratégie dédiée, de l’acculturation à l’outillage des facilitateurs.
Pour approfondir ces méthodes et découvrir comment Glowbl peut concrètement s’intégrer dans votre stratégie de formation, nous vous invitons à :
Participer à une démonstration personnalisée pour visualiser comment nos espaces et nos tables virtuelles peuvent redonner vie à vos sessions synchrones.
Le savoir de votre entreprise est son plus beau capital ; ensemble, donnons-lui les moyens de circuler avec impact.